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Bulletin très informatif

Chers amis, chers ennemis, chers neutres, chers égarés,

le Marco, paresseux mais bon garçon, essaie toujours de tenir ses promesses.
Dans mon dernier message de novembre, j'annonçai la possible reprise du blog, ailleurs, au moment du dégel.
Sans être expert en météorologie, on peut estimer que nous sommes bien parvenus à une saison qui ressemble au printemps.

Alors si vous n'êtes pas effrayés par l'idée de sortir d'un sous-sol à l'esthétique douteuse pour aller dans un autre sous-sol à l'esthétique douteuse, passez donc faire un tour à
http://marcsefaris.canalblog.com
Vous y serez reçus royalement, avec tous les égards qu'exige votre haut rang.

Oui, enfin. 
Vous y serez reçus. 

Marco · 610 vues · 4 commentaires
19 Avr 2009

Joyeux anniversaire! et bye bye

                                                                          
    
     Eh oui! Voilà! Ah ah! Nous y sommes! Un an déjà!
     Il y a un an exactement le premier soupirail s'ouvrait, découvrant le sous-sol et son occupant...
     Oh comme le temps passe, c'est dingue!
     La boucle est bouclée!
     Et quelle aventure, mes amis! Que de rencontres providentielles! Que d'échanges de haute volée! J'en frémis d'aise encore.
     Merci à tous les commentateurs d'être descendus sans façons dans la semi-obscurité, vous recevoir fut un plaisir, les fidèles les volages les de la première heure les tout frais les sur la même longueur d'onde les amateurs de couacs les rieurs les austères les calemboureux les loquaces les marathoniens les one shot _ je n'attendais pas tant de monde, ce fut une belle surprise _ et merde à la pub qui me trolla insidieusement.

     L'émouvante bougie étant soufflée (par un courant d'air), il faut songer à quitter ce Publand kitsch en vue d'un ailleurs meilleur. Il me faudrait une structure de blog sobre, pas trop moche, sans possibilité d'intrusion publicitaire, archi-simple d'utilisation, et stable sur la durée; je paierai de bon coeur ce qu'il faudra pour avoir du fiable. Stubborn me conseille quelque chose comme Wordpress, qui semble intéressant; toutes les suggestions (ou mises en garde) seront les bienvenues.

     Du reste, rien ne presse: je ne vais pas enchaîner directement; ça sera plutôt au moment du dégel... Dans l'immédiat, un temps d'absence, histoire d'éviter le surmenage.
     Ce n'est pas que je n'ai plus rien à dire (au contraire: une bonne douzaine de billets me trottent dans la tête), mais au niveau agenda ça devient difficile à gérer; c'est un des petits problèmes de la trentaine (vous comprendrez bientôt, les jeunes/ vous vous souvenez, les vieux?), décennie incroyablement dense, où on croit pouvoir tout faire au mieux de sa forme: des enfants, des évolutions professionnelles, des envies d'écriture... Parmi mes derniers billets, il y en a que j'ai dû écourter, faute de temps et de tonus, et des commentaires auxquels j'ai vite répondu, et des blogs familiers (sans parler des nouveaux venus) que je n'ai pas pu visiter autant que je le voulais. 
     Plutôt que de poursuivre dans l'à peu près et l'à moitié fait insatisfaisants, je préfère disparaître, le temps de ré-organiser tout ça (vous avez quand même le droit de laisser des graffiti dans les parages, hein, il n 'y aura pas liquidation du stock et évidemment je ne pourrai pas m'empêcher de repasser).
     Merci encore, et peut être à bientôt, donc.

     Tchao la blogosphère.



                                                                    
    
Marco · 5342 vues · 63 commentaires
20 Nov 2008

La tentation de la dérision




      On ne va pas parler d'Ennemis publics de Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy: tout et trop sans doute a déjà été dit sur cet échange bricolé et surmédiatisé entre deux stars aussi conspuées qu'omniprésentes.
     Un mot quand même sur la très intéressante réflexion initiale de Houellebecq qui dresse un double portrait, portrait facilement ironique à première vue, et cependant plus subtil et amer qu'il n'y paraît. 

     "Tout, comme on dit, nous sépare _ à l'exception d'un point, fondamental: nous sommes l'un comme l'autre des individus assez méprisables.
     Spécialiste des coups foireux et des pantalonnades médiatiques, vous déshonorez jusqu'aux chemises blanches que vous portez. Intime des puissants, baignant depuis l'enfance dans une richesse obscène, vous êtes emblématique de ce que certains magazines un peu bas de gamme comme "Marianne" continuent d'appeler la "gauche-caviar", et que les périodistes allemands nomment plus finement la "Toskana-Fraktion". Philosophe sans pensée, mais non sans relations, vous êtes en outre l'auteur du film le plus ridicule de l'histoire du cinéma.
     Nihiliste, réactionnaire, cynique, raciste et misogyne honteux: ce serait encore me faire trop d'honneur que de me ranger dans la peu ragoûtante famille des anarchistes de droite; fondamentalement, je ne suis qu'un beauf. Auteur plat, sans style, je n'ai accédé à la notoriété littéraire que par suite d'une invraisemblable faute de goût commise, il y a quelques années, par des critiques déboussolés. Mes provocations poussives ont depuis, heureusement, fini par lasser.
     A nous deux, nous symbolisons parfaitement l'effroyable avachissement de la culture et de l'intelligence françaises, récemment pointé, avec sévérité mais justesse, par le magazine "Time".

     Si on connait assez mal Houellebecq, on pensera qu'il ridiculise ses adversaires en alignant malicieusement tous les jugements à l'emporte-pièce auxquels BHL et lui ont régulièrement droit. Ce n'est pas faux, mais incomplet.
     Car quiconque est un tant soit peu familier de ses écrits reconnaîtra une dose de sincérité considérable. BHL "philosophe sans pensée mais non sans relations", ses propres succès liés à des "critiques déboussolés", mentalité de "beauf", et tout cela symptôme de "l'effroyable avachissement de la culture et de l'intelligence françaises"?_ certainement Michel Houellebecq y croit dans une large mesure. Dans quelle mesure exactement? Impossible à discerner, et il n'est pas certain que l'auteur le sache lui-même. Il s'est engagé là dans un 3° degré flottant, la voie de la dérision pure. Caractéristique principale: contrairement à l'ironie voltairienne, à deux faces et à ce titre aisément lisible, la dérision pure frappe tous azimuts, n'épargnant personne _ et surtout pas le locuteur, ruinant in fine le ricanement par le ricanement.
     Je connais bien (à un niveau tout à fait amateur, cela va sans dire) cette sensation très particulière, ce plaisir d'entrer dans une dérision à multiples facettes, où on finit par ne plus distinguer soi-même ce que l'on dit le plus sérieusement du monde et ce que l'on dit juste pour rire; un état du sens intermédiaire, indécis, terriblement vain à la longue, mais tellement jouissif.
     Ainsi j'en suis persuadé, quand Michel Houellebecq écrit: "mes provocations poussives ont depuis, heureusement, fini par lasser", il se moque de ses détracteurs qui réduisent sa démarche à de simples gesticulations, mais en même temps, il dit et il pense vraiment: "mes provocations poussives ont depuis, heureusement, fini par lasser". Flottement riche en combativité et en amertume.

     Ce seul trait suffirait à distinguer radicalement la présence de Houellebecq dans ce livre de celle de BHL, qui avance, lui, d'un pas martial et insouciant sur la route du premier degré (ses tentatives d'humour sont en général... comment dire?... les mots me manquent, là).
     Par ailleurs, sans vouloir trop m'avancer sur la trajectoire houellebecquienne, je crois qu'il marque là la fin d'un cycle; le bilan n'est pas (totalement) joué. Echec quasi-programmé du film puis de ce livre d'entretiens dans la foulée, l'écrivain enterre, à coups de 3° degré poussé dans ses dernières limites, ce qu'il a été ou a pu représenter. Et du coup, plutôt que de déclarer comme beaucoup que Houellebecq est "fini" (beaucoup répètent même à l'envi que son seul bon ouvrage, c'était son premier), je crois qu'il va repartir, ailleurs, différemment.
     La dérision peut être bien vaine; mais elle peut aussi, sans doute, aider à dépasser son propre système de pensée. Et Michel Houellebecq, écrivain majeur, qu'on le veuille ou non, ne sera pas éternellement "assez méprisable".

(sur la photo: Michel Houellebecq jouant au beauf qui aime son chien et montrant qu'il aime vraiment son chien comme tout beauf et montrant ainsi qu'il est et qu'il n'est pas un beauf)
Marco · 1452 vues · 26 commentaires
13 Nov 2008

Double vitrine

                                                                                                                                 
                                                                                

     A la demande générale de deux personnes influentes, voici la 4° de couverture de Confessions de Satan. Avec, en bonus, celle que j'avais proposée au début de l'été.
     Car comme vous le savez, la fameuse 4° de couverture est le fruit de négociations crispantes conviviales entre l'auteur et l'éditeur, dans un jeu de va-et-vient où les contre-propositions annulent les propositions, l'éditeur ayant à ce jeu le dernier mot _ ce qui est bien logique: il s'agit de l'enveloppe charnelle de la fiction, la premiere rencontre avec le lecteur, appel du pied plus ou moins insistant et oeillade décisive _ manoeuvres de subtiles séductions hâtives que l'auteur enlisé dans son oeuvre serait bien en peine de mener à bien.
     Bref. Voici donc, dans l'ordre, la première tentative de votre serviteur suivi de l'honnête compromis définitif (présentation du roman + mini-biographie).


LA NON-QUATRIEME DE COUVERTURE:
     C'est une sensation étrange que de voir son nom inscrit en rouge sang sur une chair adolescente... Plus étrange encore quand on est une jeune fille séduisante, vive et un peu superficielle, et que l'on comprend peu à peu que le Mal, cette fable d'un autre temps, vous environne, vous enserre...
     Au sein d'une société, la nôtre, où tout problème et toute horreur semblent explicables, le diable n'a sans doute plus sa place. Mais ce farceur a-t-il seulement besoin d'exister pour tirer les ficelles de nos vies agitées?

LA QUATRIEME DE COUVERTURE:
    
"Vous vous demandez d'où me vient cet intérêt pour le Mal, pas vrai? Une rencontre... tout simplement. D'ailleurs, toutes les grandes aventures et tous les grands naufrages naissent de rencontres, parfois inouïes, parfois insignifiantes. Moi, moi qui vous parle, j'ai eu le privilège, le sinistre privilège de rencontrer celui que l'on ne veut pas rencontrer."
     Vous voulez savoir comment Satan se déguise au XXI° siècle? Vous voulez savoir qui est Lucifer en réalité? Comment l'ombre du Prince du Mal s'étend progressivement sur l'existence d'une jeune journaliste insouciante et lumineuse?
     Une histoire à la fois gothique et jazzy.

  
   Après avoir grandi dans les derniers décombres du XX° siècle, Marc Séfaris traverse les incertitudes du XXI° avec l'assurance de l'acrobate débutant. Devenu contre toute logique père de famille et enseignant quelque part en province, il prétend néanmoins être un homme heureux.


     
     Voilà voilà voilà.
     Que les opposants au nombril exhibé se rassurent: c'était le dernier billet de présentation-promotion de ma petite affaire. Dès le prochain post, on revient à du littéraire. Du vrai, du lourd.

    PS: je ferai quand même bien un p'tit bilan, au printemps sans doute, de toutes les réactions de lecteurs encourageantes, gênées, virulentes, affectueuses, sardoniques, silencieuses et cocasses (déjà au salon du livre de Lyon, j'ai adoré la sentence d'un vénérable visiteur soupesant brièvement l'ouvrage: "mais enfin! jeune homme! Satan ne peut pas se confesser! c'est im-po-ssi-ble!")




    
Marco · 943 vues · 20 commentaires
11 Nov 2008

Premières critiques!

                                                                                                                                                                              
                                                                            
   Le processus s'accélère étrangement... Mes Confessions de Satan, quoique pas encore commercialisées, semblent déjà prêtes à se jeter dans le grand vide... Dès samedi 8 novembre, je siégerai, parmi 300 (littérateurs, pas Spartiates), au Salon du Livre de Lyon, place Bellecour, sous un chapiteau géant riche en promesses clownesques, au stand des éditions Jacques André.
    Et déjà de la vaste blogosphère pleuvent les études critiques aiguisées, doctorales, décorticantes, scrutatrices, extralucides. 
    Allez, juste trois pour vous donner un aperçu.
                
                                                                                                                                                     
    1) De l'excellent blog niaiserie-en-séries.fr, sous la plume de flafla:

UNE HISTOIRE INOUBLIABLE
Imaginez que vous êtes une jeune fille joyeuse et pleine d'entrain, et vous découvrez tout à coup qu'une bande de satanistes rôde autour de vous! Alors que vous n'y êtes pour rien! Incroyable, n'est-ce pas? Eh bien c'est ce qui arrive à Marie, l'héroïne de Confessions de Satan, qui devra mener une délicate enquête qui l'emmènera plus loin qu'elle ne l'imaginait sur le chemin de la peur, avec l'aide de ses amis qui ne le sont peut être pas (mais chut! hi! hi! hi!) et d'un vieil écrivain qui détient un terrible secret qui n'est révélé qu'à la fin qui est incroyable!
Vous l'avez sans doute compris, tous les ingrédients d'un bon livre sont réunis: suspense, rebondissements, amour, humour (rires et sourires garantis!), critique de la société, on retrouve tout ce qu'on aime sous la plume enchantesresque et incroyable de Marc Séfaris. Il y a des passages qui font réfléchir un peu et d'autres qui font de la peine, mais pas d'inquiétude: ça ne dure jamais trop longtemps!
En bref, ce qu'il faut retenir des Confessions de Satan: une aventure incroyable qui vous laissera pantelants et dont vous ne sortirez pas indemnes et qui vous hantera longtemps et qui vous donnera des frissons froids dans le dos et qui fera battre la chamade à votre coeur et dont votre mémoire se souviendra après!


                                                  
    2) De l'excellent blog hermeticon.com, sous la plume de
Kv9]ç++Z,j}7#ô:

LE FABULISTE ET L'INEFFABLE 
Alors le Mal.
Sous la page acrimonieuse les lassantes moribondieuseries? Voire.
Car à trop vouloir désépaissir de singulièrement minces ténèbres au plaisir de la diégèse rendue folle modérément _ et encore!, le lecteur-licteur gagnerait à perdre plus que son âme _ errante ou erronée? à chacun de s'y méprendre _ et plus encore que le sens commun sous de bien fallacieusement phosphorescentes arguties, loin au dessus de mais paradoxalement immanent à de turpides complaisances sublunaires: le fil.
Tout simplement.
Et des voix. Ou des voie(s). Voilées. Voyagées. Va donc y voir si j'y suis.
Alors le Mal. 
Un livre nécessaire.
Mais à qui, et aux dépens de quoi?


                                                    
    3) De l'excellent blog languedeputevicieuse.fr, sous la plume de Chacal-Hurlant:

LA BOUSE DU SIECLE
Naïfs, on pensait avoir lu ce qui se fait de pire en matière de roman français débraillé, racoleur, rampant, anémique, filandreux. C'est qu'on n'avait pas encore lu Confessions de Satan, petite crotte verbale heureusement sans précédent et, on l'espère, sans descendance possible, et qui suffirait à justifier l'instauration de la plus violente censure.  
Car l'auteur, petit fonctionnaire provincial de la pire espèce, a réussi un authentique tour de force en infligeant au marché du livre déjà fort mal en point un objet (on n'ose dire une oeuvre) étriqué, salissant, barbouillé sans doute entre deux corrections de copies ineptes. 
Un incipit vaguement policier qui s'essouffle au bout de trois pages, de la psychologie à peine digne d'un numéro de Closer, des personnages aussi vraisemblables et attachants que des pinocchios en polystyrène, un style qui alterne boursouflures et trivialités, rien, rien n'est épargné au lecteur traité comme le dernier des bizuts, à qui on demande avec le plus grand naturel de débourser 13 euros pour gagner le droit de vomir.
On voudrait croire à une plaisanterie douteuse, une pochade poussive, mais non, rien à faire: ce non-récit bénéficie inexplicablement de l'étiquette "roman", étiquette obtenue, on le devine, au terme d'une longue entreprise de prostitution aux pieds d'un éditeur peu regardant pour ne pas dire franchement corrompu.
Il paraît que l'insignifiant phraseur tient un blog, pompeusement intitulé "La Littérature du Sous-Sol". Prions donc le Ciel ou le diable pour que ce triste sire reste enfermé à double-tour dans son cloaque souterrain, et qu'il perde la clé, et qu'il y crève dans les plus brefs délais: voilà bien le seul service qu'il pourrait rendre à la littérature.



      
Marco · 1948 vues · 44 commentaires
03 Nov 2008

Ce que je ne veux pas écrire.

                                                                             
     
    
     Il est entendu que chacun doit trouver sa propre écriture; vouloir marcher sur les traces de tel ou tel auteur admiré est non seulement peu courageux, mais aussi franchement absurde.
     Il n'en est pas moins vrai que certains écrivains se dressent immanquablement dans notre esprit, comme autant de phares, et d'autres au contraire nous apparaissent comme des écueils, dangereux récifs ou tourbillons vains. Et les seconds ne sont pas moins importants que les premiers: ils constituent également, à leur manière, des points de repère.

     Lisant de près il y a peu Le Goût des femmes laides de Richard Millet, j'ai découvert l'un de ces phares négatifs, mon parfait contre-modèle, exactement ce que je ne veux pas écrire. Ce qui tombe bien, puisque je n'en suis sans doute pas capable. Mais là n'est pas la question: ce qui m'a intéressé, c'est trouver le style littéraire que je risquerais d'approcher si je suivais mon penchant naturel (ou pour mieux dire: mon penchant culturel), et qui est à l'opposé de mes désirs.
      La première demi-page pour mieux voir de quoi il retourne:

     " Comme la plupart des hommes, j'ai raté ma vie sexuelle.
De cet interminable naufrage, je crois pourtant m'être moins mal tiré que d'autres. Je n'ai ni vice ni manie à révéler, ni même d'irrépressibles penchants à la sincérité qui me feraient avouer à une femme de quarante ans que je n'aime que les très jeunes filles, à une femme aux seins menus que je ne peux étreindre que celles qui en ont d'opulents, ou à une jolie personne que la beauté me fait peur. Rares d'ailleurs les femmes que l'on puisse dire belles, presque toutes étant en quelque sorte des laiderons qui s'ignorent, avant d'apporter en aimant la preuve du contraire; plus rares les hommes qui aiment vraiment les femmes; et quasi impossibles en fin de compte l'amour, le bonheur, le pur feu du désir. C'est d'ailleurs l'impossible qui gouverne les rapports amoureux."

   
  S'agit-il d'un bon et beau texte? Assurément, c'est pensé (avec le pessimisme qui sied à toute oeuvre prétendant au statut de classique) et bien écrit, comme le martèle la 4° de couverture: "Richard Millet cerne au plus près les tourments de la dissonance et de la solitude, et livre, dans une langue superbe, une singulière éducation sentimentale".
     Pourtant, cette langue génère en moi plus de malaise que d'admiration. Peut être précisément parce que les phrases s'exposent à la vue avec un peu trop de superbe?
     Sans rentrer dans les détails stylistiques, ce qui frappe immédiatement, c'est la recherche de l'équilibre rythmique et de la formule close, définitive. Dès la première phrase: semi-provocation de bon aloi avec sage symétrie (à une syllabe près: 7/8). Puis cascades de rythmes ternaires: 3 "ni", 3 figures de femmes possibles ("40 ans", "seins menus", "jolie personne") soulignées par une triple antithèse, gradation en 3 temps ("rares", "plus rares", "quasi impossibles"), et clausule avec énumération à 3 termes ("amour", "bonheur", "désir"). Et dernière phrase de l'extrait reliée à la précédente par la reprise de "impossible", et répondant à la toute première à la fois thématiquement et rythmiquement.
    Bref, tout cela est travaillé, harmonieux, et la rigueur de ces phrases impeccables apporte le contrepoint attendu aux multiples disgraces corporelles évoquées tout au long du roman.
    Et voilà bien le problème: chaque détail est visiblement pensé, et les 234 pages suivantes ne font que confirmer l'impression laissée par la première: une sorte de gigantesque dissertation sur le thème de la laideur, ses manifestations ses causes ses conséquences son origine les solutions les impasses, le tout agrémenté de moult illustrations pertinentes. La littérature comme une idée dont il faut décliner toutes les variantes avec un maximum de clarté, pour en extraire la vérité. Le roman comme une somme de maximes habilement enchaînées.
     Ce que je veux éviter, malgré ou du fait de ma formation tragiquement scolaire.
     
     Reste à dire ce vers quoi je tends, ou voudrais tendre.
     A suuuuiiiiivre, donc...
    
Marco · 1746 vues · 34 commentaires
25 Oct 2008

La blogosphère se passionne pour Le Clézio

                                                                     
                                                                           
   
     Le prix Nobel de littérature a donc été attribué à notre JMG Le Clézio national. Qu'en pensez-vous?

ZOUZOU 666: c'est qui leclézio?
TRIMARRANT: Nobel, Chantal Nobel, c'est pas la fille que Sacha Distel avait crashé en voiture dans les années 80?
EDOUARDO: moi je n'ai jamais lu de Le Clézio.
PEKIN: moi non plus.
CROQUE MADAME: connard.
FLORENTINE: une lumière douce s'élevant du matin du Désert, loin de la contrée des Géants en Guerre, une musique cristalline qui murmure longtemps dans mon coeur endolori, et Adam dont la fumée forme une Ronde qui se dissipe dans les brumes de la Bretagne, à la recherche du Bonheur-pépite d'or...
PEKIN: @ Trimarrant: excellent! Et après son accident, Nobel était no-belle... wouarf!
           @ Croque Madame: tu parles à qui en fait?
TARTAKOVER: moi un jour j'avais commencé à lire Le Clézio enfin on était obligé en 3° je crois ça m'avait vite gonflé le gars il racontait une histoire où il se passait rien genre les mecs ils passent sans rien dire et on les revoit plus l'horreur totale
PEKIN: salut Tartak!
TRIMARRANT: d'où elle sort, cette grosse courge de Florentine? quelqu'un comprend ce qu'elle dit ici?
PEKIN: fais pas attention, elle épuise tout le monde, pire qu'une sangsue elle écume tous les blogs avec ses délires mystiques; sérieux, dans son genre c'est une killeuse.
TARTAKOVER: salute Pépé Kinkin :)))
FLORENTINE: je ne comprends pas quel plaisir certains peuvent trouver à me traiter de "grosse courge". D'ailleurs, je ne suis pas grosse, et ma jeunesse fut anorexique. C'est le verbe qui m'a sauvée.
OBSERVATOR: le CAC 40 vient d'enregistrer une nouvelle baisse de 9%. Pour plus d'info: observator.com
LAETITIA: c'est émouvant et très courageux, ce que tu dis, Florentine. J'aime la couleur de tes mots. N'écoute pas les cafards. Moi aussi j'ai failli faire de l'anorexie, quand mon petit frère a commencé sa dépression après le départ de ma mère au Canada. La vie est une rose ornée d'épines. Je t'embrasse.
ELISA: je n'ai pas tout lu de lui, mais "Le Procès" oui ça m'avait bien plu.
TRIMARRANT: tiens la folle a trouvé une autre folle, on est bien, là.
ANTHOLOGIE: Elisa l'inculte, je suppose que vous vouliez parler du "Procès-verbal" de Le Clézio? Parce que "Le Procès", pour votre gouverne c'est de Kafka. Bon dieu quelle bande de béotiens, c'est à pleurer.
PEKIN: il manquait plus que l'autre facho. Eh! Antholomerde, t'as beau changer de pseudos comme d'uniformes, on reconnaît toujours ta sale petite voix nazillarde. Va gerber ailleurs.
ELISA: cette fois, ça suffit, j'en ai plus qu'assez de me faire agresser par les pires raclures du net. Je pars définitivement des eaux nauséabondes de ce blog. Bisous à Pinette, Sandrine, Calypso et Crapaute. Je vous regretterai.
TRIMARRANT: @ Pékin: bien envoyé.
                     @ Elisa: c'est ça, à la semaine prochaine.
FLORENTINE: Laetitia, pour vous ces mots qui perlent de la nuit, puissent-ils être un onguent pour vos fêlures secrètes:
O Mort, vieux capitaine, il est temps! levons l'ancre!
Ce pays nous ennuie, ô Mort! Appareillons!
Si le ciel et la mer sont noirs comme de l'encre,
Nos coeurs que tu connais sont remplis de rayons!
ANTHOLOGIE: Pékin mon copain, je vois que tu essaies toujours de jouir tout seul devant ton écran. Il faudra penser à le nettoyer après, si par hasard il y a quelque chose qui finit par sortir de ta fistule.
TRIMARRANT: la vanne du troll qui essaie d'être méchant, trop drôle.
PEKIN: c'est exactement ça, Trim'! Le kapo il pousse comme un fou pour sortir sa crotte. Eh! Branletonlogis, t'entends ce bruit, là? Pfffuiiiiit!... C'est le bruit que ça fait quand on marche sur ta petite tête de merde puante qui gicle.
DEADMAN: Le Clézio est carrément surévalué. Auteur mineur, minable, minimaliste, misérabiliste. Franchement, il n'arrive pas à la cheville d'un Maupassant. Je me demande bien pourquoi c'est lui qui a eu le Nobel, ça pue la magouille suédoise, tout ça. Je verrais bien Ikéa qui leur a livré un écrivain en kits.
TRIMARRANT: "ô Mort, appareillons!" (Florentine à Laetitia) Si seulement c'était vrai!
MISTINGUETTE: je viens de voir Le Cléz à la télé, whaaa! il est beau comme un dieu, même pour son âge! Et puis quelle voix! une belle voix grave, la voix d'un marin qui a beaucoup voyagé au gré des vents.
COUP DE VENT DANS TA GUEULE: le clézio est une tapette
DEADMAN: putain! j'y crois pas! ils m'ont sucré mon commentaire! comme par hasard! quand je critique Le Clézio et les magouilles du Nobel... Pas touche à la Suède, c'est ça? Sous merdes de modérateurs! larbins! je suis écoeuré.
TARTAKOVER: fais pas ton épicleptique deadman ton commentaire est bien passé tu le vois pas binoclard?
TRIMARRANT: Le Clézio c'est un drôle de zio zio... eh! Le Clézio! quel zizi!oh! ... Le Clézio, oublie pas de fermer à clé le zoo... ça vous dit de faire une partie de Clué...zio?... devine qui j'ai rencontré à La Cluza? Le Clézio!
DEADMAN: @ Tartakover: maintenant ok, ils ont remis mon com... comme par hasard juste quand je m'énerve... ils n'ont vraiment pas de couilles, ces modératouilles.
PEKIN: wouarf Trim', t'es en super forme, toi, ça fait plaisir! Bon on rigole on rigole, mais faut que j'aille in the bed, là, je dois bossé tôt demain.
YWAPOKUX: ça fait un an que je n'interviens plus sur ce blog; franchement ça se connait.
PEKIN: * bosser
JE M'INTERROGE: alors c'est un écrivain français qui a obtenu le prix Nobel de Littérature? ah bon? ça sonne français, Le Clézio? Et ses ancêtres de l'île Maurice étaient Français, peut être?
ZOUZOU 666: c'est qui, leclézio?

Marco · 1735 vues · 33 commentaires
12 Oct 2008

Antimanuel ou anti-littérature?



    
     François Bégaudeau exaspère, il le sait, il en joue, et il sort donc opportunément un Antimanuel de littérature , au cas où quelqu'un le supporterait encore.

     Comme voulu comme prévu, des journalistes et blogueurs distingués lui sont aussitôt tombés dessus, n'hésitant pas à déformer allègrement ses affirmations (par exemple, j'ai vu et revu chez ses détracteurs que Bégaudeau refuse les synonymes ou met sur le même plan littérature et liste de courses... ce qui est tout simplement faux: quiconque lit son antimanuel pourra le constater). Ces jugements expéditifs des tenants de la Grande Littérature conviennent à Bégaudeau qui se présente justement comme le roi des anti-réacs.
     Essayons donc d'être exaspéré en restant lucide et honnête.

     Premier constat: Bégaudeau sait qu'il avance en terrain miné. Du coup, provocateur mais pas suicidaire, il se garde bien de délimiter franchement le territoire littéraire. Il préfère le parcourir en long et en large, en petites foulées, abordant une multitude de questions éternelles de biais: la naissance de la littérature, son avenir, ses traits distinctifs, son rapport à la vérité, le problème de l'inspiration, le statut de l'écrivain, le style, tout, vraiment tout est évoqué et rien n'est tranché, du moins en apparence.
     L'objectif avoué est simple: nulle prescription (puisque antimanuel), il faut que le lecteur s'interroge sur la littérature sans tabou, qu'il trouve lui même les réponses en dépoussiérant ses vieux classiques. L'arme de Bégaudeau: la dérision libératrice, le contre-exemple qui ruine telle ou telle conception archaïque, la pirouette qui brouille les pistes et empêche le lecteur de savoir ce que l'auteur pense vraiment. Le passage sur les clichés est caractéristique: après s'être gaussé comme tout un chacun des formules figées exemple à l'appui, Bégaudeau se moque d'une recherche effrénée de l'originalité, en corrigeant jusqu'à l'absurde l'exemple en question. Balle au centre. A chacun de se débrouiller.

     Deuxième constat: Bégaudeau a une idée derrière la tête, et il avance à pas de loup avec ses gros sabots (oui, l'image est mauvaise, mais elle correspond bien à l'esprit de l'antimanuel). Plus on avance dans les chapitres et plus la cible apparaît clairement: les écrivains qui se prennent au sérieux et ne jurent que par la culture, leur morosité nostalgique, leur pose d'aristocrates. 
     Alors là le Bégaudeau en pleine croisade démagogique met les bouchées doubles, et ça se gâte très vite: l'écrivain doit être fantaisiste et adepte du second degré? hop François donne le bon exemple en déconnant à donf: c'est difficile à croire, mais la moitié de l'ouvrage, c'est à dire quand même l'équivalent de 100 pages, est constituée uniquement de blagues, calembours, anecdotes cocasses, anachronismes, clins d'oeil à l'actualité politique ou people, pseudo-vannes entre auteur et éditeur et vraies-fausses private joke, on y trouvera la panoplie du parfait gérant de Farces et Attrapes. 
     Sur le fond, notre dépoussiéreur affirme peu, mais insinue beaucoup. Par exemple qu'il y a des chansons de Cabrel ou Renaud qui peuvent bien valoir telle oeuvre pléiadisée; ou qu'un vibrant éloge funèbre d'un footballeur dans les pages Sport de Libération  est éminemment littéraire. Faire tomber l'art d'écrire de son piédestal et élargir les perspectives pour emmerder les crispés et les snobs: dans sa vision binaire et avec un évident souci d'efficacité, Bégaudeau balance la littérature avec l'eau des littérateurs.
     Ce qui lui permet en fin de compte d'énoncer quelques contre-vérités en jouant sur les mots. Par exemple quand il croit tordre le cou au "Beau" en quelques lignes ("Beau, Le Procès ? Soyons sérieux.") alors qu'il s'attaque en réalité au Joli qui n'est que la forme édulcorée et mensongère du Beau. Emporté par sa fun entreprise, il ne s'embarrasse guère de distinguos pourtant attendus. Ou encore quand il décrète, péremptoire et d'une désarmante naïveté, que la littérature est une notion artificielle parce que très récente, la preuve (lol?) étant que le mot ne s'est imposé en France qu'au XVIII° siècle. On conseillera donc à notre anti-historien de lire La Poétique d'Aristote, si toutefois ce théoricien de jadis ne lui paraît pas trop vieilli.

     Troisième constat: cet Antimanuel n'est peut être pas aussi redoutable et stimulant que dans les rêves de Bégaudeau. Car à trop vouloir montrer aux jeunes qu'il est cool, aux vieux qu'il connaît ses classiques sur le bout de ses doigts de jongleur, aux universitaires qu'il maîtrise le discours critique, à la nouvelle vague qu'il est immergé dans la littérature-en-train-de-se-faire, aux théoriciens qu'il peut théoriser et aux praticiens qu'il pratique non stop, je ne vois pas bien au final QUI peut se sentir concerné; ça va se vendre, c'est sûr, mais se lire? D'où un déchirant appel à témoins: si toi qui lis ce billet tu as lu et aimé l'Antimanuel de littérature, fais toi connaître dans les commentaires: je veux savoir qui tu peux être, extraordinaire visiteur.
     Bon François, il faudra peut être se contenter de la Palme d'Or, hein? _ pour le Nobel, je crois que ce n'est pas pour tout de suite.
Marco · 2254 vues · 31 commentaires
09 Oct 2008

C'est mal parti...

 
     (hommage à Michel Meyer)




                                                                                                

    
    Exclusif!
    Pour la première fois, Marc Séfaris parle publiquement de son roman!
    Bon là, j'ai choisi de m'auto-interviewer (en même temps, je n'avais pas trop le choix)
    Que ceux qui considèrent qu'une auto-interview dégénère forcément en répugnante complaisance se détrompent! Pour garder son intégrité morale, il faut et il suffit d'être un peu schizophrène. C'est ainsi que Marco le blogueur intrépide est allé rencontrer Marc Séfaris l'imminent primo-romancier.


MARCO: Marc Séfaris, bonjour. Tu es parfaitement inconnu et malgré cela il paraît que tu sors prochainement ton premier roman... qui s'intitule?

MARC SEFARIS: Confessions de Satan.

MARCO: ah oui quand même, Confessions de Satan... ahem... hu hu! _ pardon, c'est nerveux... Confessions de Satan, donc? hu hu huh mais dis-moi, c'est tout un programme ce titre... hu humf... De quoi s'agit-il, alors? C'est un récit pseudo-gluant pour ado attardé ou alors un monologue pseudo-intello pour théologien à la retraite?

MARC SEFARIS: Ni l'un ni l'autre! Que d'idées reçues! Non, en fait, c'est un roman qui

MARCO: Ouais, eh bien ça, ça sera aux lecteurs d'en juger. Parlons plutôt de toi: tu n'es pas très vieux mais on ne peut pas dire que tu sois très jeune non plus. Comment expliques-tu cette venue tardive à l'écriture?

MARC SEFARIS: C'est un peu compliqué. Quand j'étais enfant, j'adorais les "rédactions" à l'école, j'écrivais des histoires pendant les vacances, des bandes dessinées aussi...

MARCO: gna gna gna comme c'est mignon et original.

MARC SEFARIS: Pardon?

MARCO:  non, rien. Continue.

MARC SEFARIS: ... Ensuite, plus rien, en tout cas rien de "littéraire"; trop écrasé sans doute par mes différentes lectures, je partais du principe que je serais incapable d'écrire un roman qui puisse tenir la route. Pendant des années, j'ai donc porté des bribes de récit dans ma tête, des bribes qui s'entrecroisaient et gagnaient en volume, mais informes; ça devenait presque encombrant, ces phrases solitaires, ces ébauches de personnages de plus en plus détaillés. Et puis à la fin de mes études il a fallu faire le service militaire (juste avant sa suppression). Mal pistonné, je me suis retrouvé "Grenadier-voltigeur" dans une Compagnie de combat.

MARCO: tu as tué des gens?

MARC SEFARIS: ...?? En fait, on restait dans la caserne, lever à 6H30, l'essentiel de la journée consistant à balayer les escaliers, puis à attendre des ordres qui ne venaient pas. Expérience assez terrible, en vérité. Là, dans ce grand vide de presque une année complète, j'ai beaucoup lu, et j'ai franchi le pas de l'écriture.

MARCO: Ok, si je comprends bien, tu veux écrire des romans juste parce que tu t'emmerdes dans la vie. C'est bien ça?

MARC SEFARIS: Mais non! C'était un point de départ! Après je me suis pris au jeu, progressivement... Je suis devenu plus exigeant aussi... Et l'envie d'écrire ne me quitte plus, même quand ma vie est très remplie, comme en ce moment. C'est... comment dire... comme un divertissement très sérieux... Je ne prétends pas révolutionner la littérature et changer le regard des autres sur le monde, mais je voudrais apporter ma pierre à l'édifice... Ce n'est pas honteux, quand même!

MARCO: D'accord, tu n'es pas obligé de t'énerver, non plus; je te sens sur la défensive, là, limite agressif. Si tu veux mon avis, ce n'est pas bon pour tes Lamentations de Tarzan.

MARC SEFARIS: Confessions de Satan!

MARCO: ça va, ça va, on a compris... Allez, dernière question: que penses-tu des retombées de la crise financière, je veux dire, structurellement? Y vois-tu la fin d'un certain capitalisme?

MARC SEFARIS: ...? Mais...mais je n'en sais rien, moi! Et quel rapport avec mon roman?

MARCO: d'accord, je vois le genre, c'est bien ce que je craignais: incapable de parler d'autre chose que de ton petit bouquin, hein? Eh bien ça promet, tiens. Avec des "romanciers" comme toi, la littérature française est bien barrée. Allez, bonne chance quand même _ je crois que tu en auras vraiment besoin, vieux.

MARC SEFARIS: ...


    A la fin de l'interview, Marc Séfaris a refusé de serrer la main de Marco, ce qui prouve bien qu'il était hautain et crispé. Pfff... c'est toujours pareil: il y a des "moi" qui deviennent ingérables dès qu'ils attrapent la grosse tête.

Marco · 2761 vues · 52 commentaires
01 Oct 2008

Auto-promo or not auto-promo?

                                                                                                     
   
     Ce n'est pas vraiment un secret, mon premier roman va être publié dans quelques mois aux éditions Jacques André.
     Youpi youplà, you know what? i'm happy etc.
     Mais se pose alors la question qui se pose immanquablement à tout blogueur consciencieux: faut-il transformer ce modeste et inoffensif blog en une machine de guerre promotionnelle?
     En d'autres termes, dois-je pudiquement passer sous silence ma prochaine petite vie de papier afin que le sous-sol garde son obscure convivialité, ou faut-il au contraire s'emparer de tout internaute égaré ici, le séquestrer sauvagement, lui hurler dans les oreilles le titre de mon roman jusqu'à en faire un consommateur hébété?

     Au terme d'un long débat entre ma conscience, mon cerveau et ma flemme, j'ai écarté l'option propagande tonitruante. 
     Evidemment, le silence radio serait absurde: dès le premier billet de ce blog, il y a 10 mois, à une époque où je partais du principe que c'était mort du côté de la publication, je me proposais de parler ici de toute littérature, euphorique ou navrante, officielle ou souterraine, y compris mes plus ou moins convaincantes tentatives. Ce n'est pas maintenant, au moment où un peu de lumière passe par le soupirail, qu'il s'agit de se barricader.

     Mais adopter le ton du vendeur conquérant...
     D'abord parce que se vendre, ou pire encore: vendre son oeuvre, exige une volonté sans faille, une solide science de l'insinuation, une capacité à tenir le 3° degré indéfiniment, un charisme ravageur, un sens de la répartie à toute épreuve (pour contrer tous les salopiots qui se croiront obligés de venir conspuer le prosélytisme nombriliste du romancier-blogueur), autant de compétences qui m'échappent totalement. Il y en a qui savent transcender l'exercice (par exemple Don Lorenjy ou Georges Flipo, tous deux trônant dans les liens, tous deux odieux concurrents et néanmoins camarades); moi pas.
     Ensuite, d'un point de vue très pragmatique: en observant l'audience de notre Sous-sol, il n'est pas difficile de se faire une idée de la force de frappe publicitaire qu'il pourrait représenter. Allez, soyons optimistes, combien d'exemplaires seraient achetés suite à mes billets insistants? 10 si je suis persuasif? 20 au terme d'une diabolique manipulation? ou même 30 grâce à un harcèlement personnalisé? On restera de toute façon dans le dérisoire.
     Et quand bien même je parviendrais, par la seule puissance de mon verbe virtuel (on ne sait jamais, sur un malentendu), à créer une dynamique d'envie insatiable, un ras-de-marée de curiosité, une hallucination collective qui ferait de mon oeuvre un best-long-always-big-seller... je garderais la gêne de celui qui pensait monter une petite escroquerie familiale et qui a réussi à rouler tout le monde.

     J'opterai donc pour la formule Auto-promo intermittente et mitigée.
     La preuve par le texte dans quelques jours.
Marco · 1726 vues · 36 commentaires
25 Sep 2008

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